Reconnaître le rat noir et adapter le traitement de dératisation

Le rat noir (Rattus rattus) est un rongeur de 15 à 22 cm à la silhouette fine, au museau pointu et à la queue plus longue que le corps, qui vit et niche en hauteur. Deux fois plus léger que le surmulot, il occupe charpentes, combles et faux plafonds plutôt que caves et égouts.

En bref

  • Trois signes suffisent à trancher : une queue plus longue que le corps, un museau pointu et de grandes oreilles fines et translucides.
  • Ce rongeur grimpe et se déplace en hauteur, ce qui rend inutiles les postes d’appâtage posés au sol contre le surmulot.
  • Il transmet la leptospirose et la salmonellose, et ronge les fils électriques dans les combles qu’il occupe.
  • Devenu minoritaire dans les villes françaises, il reste très présent dans les zones portuaires et sur les îles.

Rattus rattus : à quoi reconnaît-on un rat noir ?

Le nom scientifique de l’espèce est Rattus rattus, de la famille des Muridae, dans l’ordre des rongeurs. Ce rongeur est aussi connu sous le nom de rat des greniers, et cette appellation dit mieux que la première où le trouver. Un adulte mesure 15 à 22 cm de la tête à la base de la queue et pèse 150 à 250 grammes, soit environ la moitié du poids d’un surmulot. Sa silhouette est nettement plus élancée : le tronc est mince, le museau pointu, les yeux et les oreilles proportionnellement grands. Ces oreilles sont fines, presque translucides, et se rabattent sur l’œil si on les couche vers l’avant, ce qui n’arrive jamais chez le rat brun.

La queue reste le critère le plus sûr, parce qu’il ne dépend ni de l’âge ni de la saison. Chez cette espèce elle est plus longue que le corps, souvent de deux à trois centimètres, et elle est finement annelée. Le pelage varie du gris ardoise au brun sombre selon les individus, et le nom de l’animal induit d’ailleurs en erreur : la robe n’est pas noire chez tous les individus, loin de là, ce qui explique une bonne part des erreurs d’identification. À première vue, une photo prise de loin ne permet donc pas de trancher, et un jeune surmulot se confond facilement avec un rat noir adulte à cette échelle. En cas de doute, c’est la forme générale de la tête qui départage le mieux à distance : effilée chez l’un, massive chez l’autre.

CritèreRat noirSurmulot (rat brun)
Longueur (tête et tronc)15 à 22 cm20 à 27 cm
Poids d’un adulte150 à 250 g300 à 500 g
QueuePlus longue que le troncPlus courte que le tronc
MuseauPointuArrondi
OreillesGrandes, fines, quasi nuesPetites, épaisses, velues
DéplacementGrimpe, vit en hauteurCreuse, nage, vit au sol
Comment identifier un rat noir ?
Mesurez la queue par rapport au tronc : si elle est plus longue, il s’agit d’un rat noir. Complétez avec le museau pointu et les grandes oreilles fines, deux caractéristiques que le surmulot ne présente jamais.
Quelles sont les caractéristiques du rat noir ?
C’est un animal nocturne, excellent grimpeur, de 150 à 250 grammes, au pelage gris ardoise à brun sombre, qui vit en groupe et se déplace en hauteur le long des poutres, des câbles et des conduites.

Un grimpeur qui vit au-dessus de nos têtes

C’est le point qui change tout, et celui que l’on comprend le plus tard. Là où le surmulot creuse des terriers et occupe les sous-sols, ce rongeur monte : il escalade une gouttière, un lierre, un conduit ou une gaine technique, et s’installe dans les combles, les faux plafonds, les charpentes et les vides sanitaires du dernier étage. En Île-de-France, on le rencontre surtout dans les immeubles anciens du centre de Paris, les entrepôts, les marchés couverts et les zones portuaires, où les navires en ont fait un habitant permanent depuis des siècles.

Son habitat détermine les lieux à inspecter en premier. Les greniers et les combles viennent avant les caves, ce qui est contre-intuitif quand on cherche un rat. Cette espèce partage d’ailleurs ces volumes avec d’autres occupants des toitures, notamment le loir et le lérot, dont les bruits de nuit sont souvent confondus avec les siens. Un passage régulier laisse des traces reconnaissables : coulées grasses le long des poutres, crottes fuselées de 8 à 12 mm pointues aux deux bouts, matériaux rongés en hauteur et bruits de course au plafond après la tombée du jour.

Venu d’Asie du Sud, longtemps maître des villes européennes

L’espèce est originaire d’Asie du Sud, probablement de la péninsule indienne, d’où elle a suivi les routes commerciales. Introduit en Méditerranée dès l’Antiquité par les navires marchands, ce rongeur a colonisé l’Europe bien avant son cousin brun, lui-même introduit sur le continent bien plus tard. On le trouve encore aujourd’hui dans toute l’aire chaude de l’Asie, d’où il n’a jamais disparu. Sa colonisation a laissé une trace dans l’histoire, liée aux disettes et aux famines qui suivaient la destruction des réserves de grain : c’est lui qui hébergeait la puce vectrice de la peste bubonique, et les grandes vagues de peste noire du XIVe siècle ont accompagné sa progression. La peste a disparu du continent, mais l’association entre l’animal et la maladie lui est restée attachée.

Son recul est plus récent et il a une cause précise. Le surmulot, introduit en Europe au XVIIIe siècle, est plus lourd, plus agressif et plus prolifique : il a évincé le rat noir des égouts, des caves et des décharges, c’est-à-dire des ressources les plus abondantes de la ville. Le premier a donc été repoussé vers les étages et les milieux secs, où il subsiste en effectifs réduits. En France continentale, il représente aujourd’hui une minorité des rats commensaux, ce qui explique qu’un technicien puisse exercer des années sans jamais en croiser.

Quelle est l’origine du rat noir ?
Il est originaire d’Asie du Sud et a été introduit en Europe par les navires marchands, dès l’Antiquité en Méditerranée. Il y a dominé jusqu’à l’arrivée du surmulot au XVIIIe siècle, qui l’a évincé des sous-sols.

Mode de vie : régime omnivore, reproduction et longévité

Son comportement alimentaire est celui d’un omnivore, mais nettement plus végétarien que celui du surmulot. Ses besoins quotidiens sont modestes, de l’ordre de 15 grammes de nourriture sèche et d’une quinzaine de millilitres d’eau. Il consomme en priorité graines, fruits, céréales et matières végétales, et complète avec des insectes ou des œufs quand l’occasion se présente. Cette préférence explique sa présence dans les silos, les greniers à grains et les entrepôts de denrées sèches, où une confusion avec un mulot est fréquente tant les dégâts se ressemblent. Il gaspille beaucoup : il entame de nombreux fruits ou sacs sans les finir, et souille par ses déjections une quantité d’aliments bien supérieure à ce qu’il mange.

La femelle met bas trois à cinq fois par an, avec une portée de cinq à huit petits en moyenne. Les jeunes sont sevrés vers trois semaines et deviennent capables de se reproduire vers trois mois. L’espérance de vie dépasse rarement un an en milieu urbain, mais ce rythme suffit à faire passer un effectif de quelques individus à plusieurs dizaines en une saison si la source de nourriture reste accessible. C’est cette vitesse, plus que le nombre de départ, qui rend une infestation difficile à rattraper quand on la laisse s’installer.

Risques sanitaires : ce que ce rongeur transmet

Ce rongeur est un vecteur de maladies avéré, et le risque sanitaire ne dépend pas d’un contact direct. La leptospirose se contracte au contact de l’urine déposée sur les surfaces ou dans l’eau stagnante ; les salmonelles, elles, gagnent les stocks secs par les déjections laissées sur les emballages. S’y ajoutent la teigne, l’hantavirose et diverses parasitoses transportées par les puces qu’il héberge. Les animaux domestiques sont exposés au même titre que l’homme, souvent les premiers puisqu’ils explorent les recoins où l’animal circule.

En cuisine professionnelle, la présence d’un seul individu suffit à déclencher une non-conformité en contrôle sanitaire de restaurant. Après une infestation avérée, une désinfection des locaux complète la dératisation : retirer les rongeurs ne retire ni les déjections ni les agents pathogènes qu’elles contiennent.

Les dégâts matériels

Les dégâts sont d’autant plus coûteux que l’animal vit là où personne ne regarde. Ses incisives poussent en continu et il ronge pour les user : gaines, isolants, bois de charpente, matériaux d’isolation, canalisations plastiques. Les fils électriques des combles sont les plus exposés, et un fil dénudé dans un isolant est un départ de feu potentiel ; plusieurs compagnies d’assurance rattachent chaque année des sinistres à cette cause. Le dommage se chiffre souvent bien au-delà du coût de l’intervention qui l’aurait évité.

Quels sont les risques sanitaires liés au rat noir ?
Son urine véhicule la leptospirose, et ses déjections contaminent les stocks secs en y déposant des salmonelles. S’y ajoutent la teigne et les parasitoses transportées par ses puces, celles-là mêmes qui en ont fait le vecteur historique de la peste bubonique.

Hors des villes, une espèce envahissante surveillée

C’est la partie du sujet que l’on croise rarement sur les sites de dératisation, et elle explique pourquoi cette espèce est étudiée bien au-delà du cadre urbain. Rattus rattus figure parmi les espèces invasives les plus destructrices au monde, et l’Union internationale pour la conservation de la nature le classe parmi les cent pires. Partout où il a été introduit hors de son aire d’origine, il a modifié les équilibres en place. Sur les îles, où la faune locale a évolué sans prédateur terrestre, son introduction est une catastrophe : il consomme œufs, oisillons, graines et jeunes plantes, et il est mis en cause dans l’extinction de dizaines d’espèces d’oiseaux marins, dont plusieurs sont aujourd’hui protégées. Le phénomène est documenté par une littérature scientifique abondante depuis les années 1980.

En France, les programmes de conservation menés sur les îles de Méditerranée et dans les territoires ultramarins visent explicitement son éradication pour laisser la végétation et les colonies d’oiseaux se reconstituer. Ces opérations, conduites par des équipes scientifiques avec un suivi de plusieurs années, visent également d’autres espèces invasives introduites de la même façon, et elles n’ont rien à voir avec une intervention en immeuble. Elles rappellent surtout un point utile en ville : cette espèce n’a aucune protection légale, mais elle reste capable de reconstituer un effectif entier à partir de quelques individus survivants, ce qui est exactement la raison pour laquelle une lutte partielle échoue.

Dans la nature, l’animal a bien des prédateurs naturels : chouettes effraies, fouines, belettes, couleuvres et chats harets prélèvent régulièrement des individus. Mais aucun prédateur ne régule une population urbaine, où la nourriture est constante et les abris nombreux. C’est également ce qui distingue le milieu bâti d’un milieu ouvert : là où une famine saisonnière fait chuter les effectifs sauvages, un immeuble offre une source de nourriture stable toute l’année. La lutte y remplace donc une régulation naturelle qui n’opère plus.

Le rat noir est-il dangereux pour l’homme ?

Il ne l’est pas au sens d’une agression : l’animal fuit, et une morsure suppose qu’on l’acculle ou qu’on tente de le saisir. Le problème est indirect, et c’est en cela qu’il est sérieux. Le risque tient à ce qu’il dépose sur les surfaces et dans les denrées, aux parasites qu’il transporte, et à l’effet de ses dégâts sur une installation électrique. Un logement où un rat noir circule dans les combles n’est pas dangereux dans la minute, mais il le devient à mesure que la population croît et que les matériaux cèdent.

Ce que dit la réglementation

La présence de rats dans un logement relève du Règlement sanitaire départemental, dont l’article 119 impose au propriétaire comme à l’occupant de maintenir les lieux exempts de rongeurs. Le code de la santé publique fonde de son côté le pouvoir du maire d’imposer des mesures de dératisation. En copropriété, les parties communes incombent au syndic, et le propriétaire bailleur doit délivrer un logement décent, ce que la jurisprudence apprécie comme incompatible avec une infestation persistante.

Pour les activités alimentaires, le règlement européen 852/2004 impose un plan de lutte contre les nuisibles écrit et tracé. Une entreprise du secteur doit conserver le plan de ses postes, les rapports de visite et le suivi des consommations d’appâts : ces pièces sont demandées en contrôle. Ces informations sont également les premières que réclame un auditeur, avant toute visite des lieux, et une entreprise qui ne peut pas les produire est en défaut du seul point de vue documentaire. Le recours à une entreprise extérieure n’est pas obligatoire en soi, mais les produits les plus efficaces ne sont pas en vente libre, et le besoin d’une traçabilité écrite pousse dans le même sens : en pratique, une entreprise alimentaire passe par un prestataire agréé.

La lutte contre le rat noir se mène en hauteur

C’est ici que l’identification de l’espèce cesse d’être une curiosité pour devenir une question d’efficacité. Les postes d’appâtage disposés au sol, qui donnent de bons résultats contre le surmulot, restent simplement non visités : l’animal se déplace en hauteur et ne descend presque jamais. Une lutte mal orientée consomme des appâts sans faire baisser les effectifs, et fait perdre plusieurs semaines pendant lesquelles les portées se succèdent.

La méthode consiste donc à porter le dispositif à son niveau. Les postes sont fixés sur les poutres, les chemins de câbles, les conduites aériennes et les étagères hautes, le long des coulées repérées au diagnostic. Les pièges mécaniques sont posés perpendiculairement aux passages, contre la paroi que l’animal longe. Notre entreprise fait précéder toute opération d’un relevé complet des circuits en hauteur, parce qu’un poste placé à trois mètres du parcours réel ne sert à rien. Le suivi s’étale sur plusieurs visites : la première mesure la consommation, les suivantes vérifient l’extinction de l’activité en vue de clore le traitement. Une lutte conduite ainsi demande trois à cinq semaines, et le traitement n’est jamais considéré comme terminé sur la foi d’une seule visite sans consommation. Le tarif d’une entreprise de dératisation dépend directement de ce nombre de passages et de la surface à couvrir, et nos méthodes par espèce détaillent les produits employés.

Prévenir le retour

L’élimination ne tient que si les accès sont fermés. Un rat noir passe par une ouverture de 2 cm et grimpe une façade rugueuse sans difficulté : il faut donc traiter la toiture comme on traite un rez-de-chaussée. Grillager les entrées de combles et les chatières de ventilation, obturer les passages de gaines à la laine d’acier, tailler les branches et le lierre qui touchent le bâtiment, poser des manchons anti-grimpe sur les descentes d’eau. Côté hygiène, les denrées sèches se stockent en récipients rigides et les déchets ne restent pas à l’air libre. Ces mesures de prévention coûtent une fraction du prix d’une seconde campagne, et elles seules empêchent la recolonisation d’un espace assaini.

Comment lutter contre le rat noir ?
En plaçant les postes et les pièges en hauteur, sur les poutres, les chemins de câbles et les étagères, le long des coulées repérées au diagnostic. Les dispositifs au sol, efficaces contre le rat brun, ne sont pas visités par cette espèce.
Comment prévenir une infestation de rats noirs ?
En fermant les accès en hauteur : grillage des entrées de combles, obturation des passages de gaines, taille des branches touchant le bâtiment et manchons anti-grimpe sur les descentes d’eau, complétés par un stockage des denrées en récipients rigides.

Un doute sur l’espèce en cause change la méthode et le résultat. Nos techniciens identifient le rongeur au diagnostic avant de proposer quoi que ce soit : c’est l’information qui commande tout le reste, et beaucoup la perdent de vue. Notre entreprise intervient à Paris et en Île-de-France dans la journée en cas d’infestation avérée.

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